Profil Leadership participatif : pas besoin d’être un héros pour être leader!

Photo : Alexandre Claude

Par Hind Sadiqi et Yeva Hakobyan, le samedi 12 août 2017

Mais que font donc les participants aux autres profils de l’École d’été pendant que nous, on bosse sur des articles et des reportages multimédias pour le Webzine?  C’est la question mystère à laquelle ont voulu répondre les participants du profil Communications, qui ont fait une courte incursion dans une session du profil Leadership participatif.

Changer le monde ne demande pas que de bonnes idées, du leadership et du courage, cela demande surtout d’être capable de travailler ensemble.  C’est, en gros,  le leitmotiv du profil Leadership participatif, qui cultive chez les jeunes l’idée que tout le monde peut être un leader « apprenant et participant » en suivant une cause et en se relevant les manches.

« La vision du profil est de changer la culture du leadership : sortir de l’image du leader héros! On s’attend que les gens de type leader aient des solutions et qu’ils remédient aux problèmes auxquels ils font face.  Alors qu’on a tous la légitimité de participer au processus de changement de la notre société », explique une des personnes « facilitatrices » qui animent ce profil.

Au cours de la session qui s’est déroulée vendredi, les participants ont proposé des pistes de réflexion qu’ils partageront ensuite en plénière. Parmi les thèmes se retrouvaient « les relations entre les femmes », « ce que tu regrettes de ne pas avoir fait dans ta vie », « vous êtes ministre pour un jour, que changeriez-vous? » et  « dans une démarche participative, comment chercher les réfractaires? »

Les participants se questionnent aussi sur l’« aide » internationale. Pourquoi agir ailleurs alors qu’il y a  tant à faire ici ?

« J’aime avoir le sentiment de contribuer à la société. Pour moi, c’est ce qui a le plus de sens. C’est pour ça que je priorise les actions locales. C’est important d’être dans le réel : pouvoir voir, toucher, sentir le changement », partage David King-Ruel.  « Je suis allée dans plusieurs endroits dans le monde avec le désir d’aider. Mais j’ai réalisé que c’est un devoir moral de prendre soin de la personne qui est à côté de toi », ajoute Mathieu Couture.

S’enrichir de l’expérience de l’autre

Pour discuter de diversité artistique, le participant Stéphane Edmond partage son expérience de la pratique de la Capoeira, un art martial qui combine une approche humaine et collaborative. Puisqu’elle se pratique en cercle, la Capoeira est inclusive et, malgré une certaine hiérarchie, il n’y a pas de position de supériorité.

« Comme dans la pratique de tous les arts martiaux, j’apprends à prendre des coups et à me relever. Tu peux exprimer la personne que tu es à travers ton individualité au sein du collectif. Il y a une véritable synergie; c’est le collectif qui compte », explique-t-il.

De son côté, la participante Chloé Brandely, venue expressément de France pour participer à l’École d’été, travaille dans un organisme en développement local et d’éducation populaire.  À son avis, notre consommation a des répercussions partout dans le monde. Pour illustrer son propos, elle raconte cette petite histoire:

Au Ghana, on cultivait la tomate. On n’était pas riches, mais on vivait moyennement. Les tomates étaient vendues au marché du coin aux habitants. Puis un jour, avec l’industrialisation, on s’est mis à importer des conserves de tomates dans le village, à un prix plus bas ou l’équivalent des tomates cultivées, ce qui a suscité un grand engouement envers ce nouveau produit. Le cultivateur de tomates a alors commencé à avoir de la difficulté à les vendre. Comme il n’avait plus de travail, il décide d’aller en Italie pour gagner sa vie… Il y trouve un emploi dans une compagnie italienne qui met en conserve de la tomate qui sera exportée au Ghana…

« C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue! », conclut Chloé.

Au sujet de son expérience au profil leadership participatif à l’École d’été, elle trouve le cadre bienveillant et inclusif. « Tout le monde œuvre dans une ambiance participative et coopérante et chaque voix est prise en compte. » Elle repartira en France avec dans ses bagages plusieurs réflexions et initiatives à partager dans son milieu.