Claire Bolduc

 

L’essor de la participation citoyenne est largement tributaire de la volonté des décideurs d’écouter les citoyens qui veulent s’exprimer, de partager avec le public une partie du pouvoir qui leur incombe. C’est pourquoi nous avons demandé à une quinzaine de chefs d’entreprise et d’association, de militants, d’anciens élus ou de leaders d’opinion de répondre à la question suivante: «D’après vous, à quoi la participation citoyenne peut-elle être utile?»

Claire Bolduc, présidente, Solidarité rurale du Québec

D’emblée, il faut rappeler que la participation citoyenne, ce n’est pas simplement utile: c’est essentiel! Dans cette période troublée que nous traversons, le premier constat que nous devons faire est précisément que la participation citoyenne s’est effritée. Dès lors, c’est notre démocratie qui s’affaiblit, en déficit qu’elle est de ses citoyens.

En manque de ces personnes responsables et engagées qui se mêlent de leurs affaires. Ainsi, ce n’est pas pour faire joli que l’on provoque le débat et les échanges; c’est parce que c’est la seule façon de réellement mobiliser la population, d’avoir un œil sur ce qui se décide et de contribuer à modeler la société dans laquelle nous évoluons.

Notre société a un urgent besoin de ces citoyens engagés, capables de proposer une vision de leur coin de pays, de la partager et de travailler à la réaliser. Pas seulement des personnes qui cherchent à se faire élire, mais aussi et surtout des citoyens prêts à contribuer aux débats et à l’action, fiers d’alimenter la vie sur leur territoire, participant à le dynamiser et à le développer de façon durable.

Parce que chaque voix est unique et que chaque voix compte, il ne faut pas se taire. Sauf si c’est pour écouter. Le silence n’est richesse que lorsqu’il est consacré à l’écoute de l’autre, pour une meilleure compréhension de ce qu’il est, de sa réalité, de ses objectifs, pour pou- voir ensuite établir un véritable dialogue avec lui.

Le laxisme, dans sa manière même de concevoir et de laisser aller la démocratie, ne donne ni dignité, ni identité, ni fierté à nos communautés, à nos organisations et à l’ensemble de la société. Au contraire. Le confort du laisser-faire a trop souvent mené nos institutions à des dérapages regrettables ces dernières années.

Car le défi de la vie en société est précisément là, dans le vivre-ensemble, dans les ponts que nous devons bâtir pour nous projeter collectivement plus loin, pour passer d’une rive à l’autre, du présent au futur, en ne laissant personne derrière.

De son propre point de vue, chacun voit des occasions à saisir, des écueils à éviter. Voilà pourquoi il est si important que chacun participe à l’édification de la société.