L’art, au-delà de l’esthétisme

Par Jean-François Bigras (photo et texte), le 12 août 2016

Qu’est ce que l’art et quel est son rôle social? Claude Philippe Nolin, artiste engagé depuis plusieurs années, s’est penché sur ces questions dans le cadre du Forum social mondial.

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Cette photo est-elle de l’art?

Une œuvre d’art est souvent esthétique. Par contre, l’esthétisme n’est pas nécessairement un critère essentiel à l’art. « L’esthétisme n’est-elle pas une tentative d’instrumentaliser l’art et le sensible afin de les rendre compréhensibles, rationnels, rassurants et utiles, voire même, idéologiquement inoffensifs ou serviles? », a demandé l’artiste au public.

Tout d’abord, Claude Philippe Nolin considère l’art comme un médium de communication permettant à l’artiste de transmettre sa perception et sa conception de la réalité. L’artiste crée donc des mises en scène évocatrices afin de représenter quelque chose, que ce soit une idée, une notion afin de faire parvenir un message au public.

Les artistes décortiquent leur environnement et s’imprègnent de celui-ci afin de nourrir leurs œuvres. De même, ils ont la capacité de prendre des éléments du quotidien et les présenter sous un regard nouveau. Selon Claude Philippe Nolin, l’art affecterait son public sur le plan intellectuel, psychologique ou émotif afin de les préparer à recevoir de nouvelles notions.

«D’éblouir les gens, les faire ressentir du plaisir ou de l’espoir peut les rendre aptes à changer ce monde.»

Contrairement au militantisme, l’art engagé ne sert pas à lutter pour améliorer les choses. Elle sert à rendre une certaine réalité désirable afin d’inciter ces luttes.