Monique F. Leroux

L’essor de la participation citoyenne est largement tributaire de la volonté des décideurs d’écouter les citoyens qui veulent s’exprimer, de partager avec le public une partie du pouvoir qui leur incombe. C’est pourquoi nous avons demandé à une quinzaine de chefs d’entreprise et d’association, de militants, d’anciens élus ou de leaders d’opinion de répondre à la question suivante: «D’après vous, à quoi la participation citoyenne peut-elle être utile?»

Monique F. Leroux, présidente et chef de la direction, Mouvement Desjardins

Tant au sein des organisations que dans la collectivité, la participation citoyenne est fondamentale. Plus il y a de gens qui participent et qui s’impliquent, plus nombreuses et diversifiées sont les expertises, les idées et les actions concrètes sur lesquelles nous pouvons compter.

Nous ne pouvons nous passer de cet apport dans un monde où de grands enjeux de nature sociale, économique, financière et écologique nous interpellent par leur complexité.

Dès lors que nous prenons le parti de l’engagement et de la participation, nous refusons le rôle de spectateur ou de gérant d’estrade. Nous apportons plutôt notre contribution active à la mise en œuvre de projets. Nous participons à la recherche de solutions durables aux problèmes qui affectent nos collectivités.

Cette attitude volontaire est à la base de la coopération et des coopératives. En mettant sur pied les premières caisses populaires il y a plus de 110 ans, Alphonse Desjardins n’a pas attendu que l’initiative vienne du gouvernement.

À ses yeux, toute solution durable aux problèmes rencontrés par une collectivité devait passer par l’engagement des personnes. Elle devait passer par un effort individuel, conscient et volontaire de tous. C’est ce qu’on appelle le self-help. Les caisses sont ainsi nées de l’initiative et de la participation de leurs membres.

Encore aujourd’hui, les coopératives de toute nature encouragent la prise en charge individuelle et collective. Elles jouent même un rôle formateur en étant des lieux d’apprentissage en continu, particulièrement pour leurs dirigeants élus.

Depuis le début du XXe siècle, des dizaines de milliers de Québécois et de Québécoises ont perfectionné leurs connaissances aux plans économique et financier en siégeant au conseil d’administration d’une coopérative. Cela, tout en faisant l’expérience de la démocratie et de la coopération. Et ils ont souvent fait bénéficier d’autres organismes des connaissances et du savoir-faire ainsi acquis.

Nous devons d’ailleurs nous assurer que le modèle coopératif soit enseigné aux jeunes et aux entrepreneurs, et que ceux-ci le comprennent mieux.

Que ce soit dans les coopératives, les entreprises d’économie sociale ou au sein de nos institutions collectives, la participation citoyenne est essentielle.

Saisissons toutes les possibilités pour la stimuler encore plus.

Car c’est en nous engageant dans les affaires collectives que nous nous donnons les moyens de bâtir un avenir qui soit à la hauteur de nos aspirations.