Pourquoi s’engager dans sa société?

Par Gabrielle Bédard, le vendredi 10 août 2018

« Changer la donne! » « Rejoignez le mouvement! » « Avec nous, dans la rue! » Difficile de circuler une semaine dans l’espace public sans rencontrer une manifestation contre tel conflit armé, sans être invité à une pétition pour défendre des droits humains ou sans voir une affiche protestant contre telle problématique économique. Mais pourquoi s’engager?

L’urgence environnementale, les violations quotidiennes à la dignité humaine, le nombre imposant d’individus vivant dans la pauvreté, les atteintes au bien-être et à la vie des animaux, les multiples crises économiques… Il ne s’agit que d’une petite proportion des écueils modernes, mais avec ce seul échantillon, nous retrouvons largement matière à défi. Il y a besoin d’engagement, la question ne se pose pas, mais cela suffit-il à répondre à la question du pourquoi? Faudrait-il donc seulement s’engager par devoir de répondre à un besoin?

S’engager permet de se développer et de devenir une meilleure personne. Puisque pour Sartre, il nous appartient de déterminer qui nous sommes par nos actions, le devenir d’une personne de qualité passe par l’engagement. Il est indubitable que l’implication et l’engagement permettent de développer des capacités personnelles et de s’améliorer dans sa moralité. Ainsi, un ensemble d’action permettra de modifier son essence de façon positive. Or, est-ce juste de s’engager dans l’espoir de devenir meilleur? En quelque sorte pour « gagner son ciel »?

La collectivité et l’action en son sein peuvent procurer un grand plaisir. En effet, les activités sociales découlant de l’engagement peuvent procurer un plaisir ou peuvent aider à socialiser. Il s’agit d’une compensation indubitable pour les efforts fournis pour les actions engagées, selon le penseur Benasayag. En s’engageant, l’on sent qu’un certain pouvoir est entre nos mains et l’on cesse d’évoluer dans un cloître de crainte. Or, est-ce moral de s’engager dans l’expectative de tirer du plaisir social de son action?

En définitive, l’engagement peut émerger d’une réponse à un besoin criant, de la réponse à un désir de moralité ou du besoin de la joie d’agir ensemble. Toutes ces raisons sont honorables et peuvent se marier et s’entrecroiser. Or, j’ai envie d’invoquer une autre raison à l’engagement. Et si nous nous engagions pour créer? Comme nous le suggère Camus dans son processus d’écriture, par espoir et par volonté de créer un nouveau monde avec les fragments de l’ancien.

Sources :

  • https://www.philomag.com/lepoque/pourquoi-ils-sengagent-et-moi-pas-3276
  • https://www.philomag.com/les-idees/dossiers/peut-on-aller-bien-dans-un-monde-qui-va-mal-21393