Radicalisation et religion, un amalgame trop fréquent

Le panel de l'atelier sur la radicalisation. Photo Lina Say
Le panel de l’atelier sur la radicalisation. Photo Lina Say

Par Lina Say, le 12 août 2016

Le terme radicalisation est désormais devenu indissociable de l’islam. Or, une conférence présentée vendredi à l’occasion du Forum social mondial nous a montré une image bien différente des idées reçues. Voyons l’autre côté de la médaille.

Présentée par le Comité de vigilance pour la démocratie en Tunisie (CVDT), la conférence intitulée « La radicalisation chez les jeunes : comprendre et agir » a débuté par un tour de table : Omar Naga, membre du CVDT, a demandé à la cinquantaine de personnes présentes à quoi elles associaient ce phénomène. Aucune des propositions soulevées par les participants n’a mentionné l’islam comme étant la source du problème. Pourtant, dans certaines régions du globe – et même parfois ici, à Montréal –, il ne suffit que de prononcer ces deux syllabes pour effrayer une foule entière.

Il faut à tout prix scinder religion et radicalisation, selon les conférenciers.

Salma Saadaoui, avocate au Barreau de Liège et intervenante du CVDT, explique que le premier pas vers la radicalisation commence souvent par un sentiment perpétuel de malaise réel ou ressenti de nature sociale, économique ou politique.

Éventuellement, l’individu se replie sur lui-même dans un grand mutisme et commence à rejeter la compagnie des autres, même des êtres qui lui sont chers. C’est à ce moment-là que le processus commence.

Les jeunes sont particulièrement vulnérables, surtout à l’adolescence, période où la recherche et l’estime de soi sont plus accentuées.

Une discussion enflammée

Alors que la quasi-totalité de la séance s’était déroulée dans le calme, l’intervention d’un participant lors des dernières minutes a fait réagir. L’homme a déclaré que certains extraits du Coran appelaient à la violence et qu’indirectement, ils contribuaient à radicaliser ses adeptes.

C’est une question d’interprétation, a répondu Salem Farid, président de l’association Solidarité Québec-Algérie. « Comme toute chose, la religion a ses bons et ses mauvais côtés », a-t-il plaidé, recueillant aussitôt l’approbation de l’auditoire.

Je ne crois pas qu’on peut associer religion directement à radicalisation. C’est une vision trop simpliste. – Lisa Say, participante à la conférence.