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Mot du président et du directeur général

L’INM, éclaireur du débat public

Michel Cossette, président du conseil d’administration
Michel Venne, directeur général

Notamment à cause du contexte politique (réformes majeures à Québec, élections à Ottawa), le conseil d’administration de l’INM avait souhaité l’an dernier que les efforts de l’INM en 2015-2016 soient orientés principalement vers l’éclairage des grands enjeux du débat public pour ainsi aider les citoyens et les organisations à mieux y participer.

L’année qui se termine était aussi une année de transition vers la mise en place définitive du nouveau modèle d’affaires élaboré au cours des trois années précédentes.

Nous avons peut-être plus que jamais joué durant la dernière année le rôle d’éclaireur du débat public, et ce sur l’ensemble des enjeux majeurs pour le Québec. L’INM a proposé des contributions originales à la discussion et fut très présent dans les médias traditionnels comme dans les médias sociaux. L’INM s’est affirmé comme une source d’information fiable et recherchée. Un nombre grandissant d’intervenants le considère de plus en plus non seulement comme un spécialiste de la participation citoyenne mais aussi comme un producteur de connaissances et un animateur de débats complexes.

Notre publication annuelle L’état du Québec dont nous avons renouvelé le format et la marque, sous la solide direction de la journaliste indépendante Annick Poitras, en plus de créer une édition numérique en vente sur le web, fut le fer de lance de notre stratégie à cet égard. Nous avons publié deux éditions de l’EDQ, 2015 en avril et 2016 en novembre.

Chacune des deux éditions comportait un sondage inédit produit pro bono par Léger et relayé par Le Devoir et L’actualité, deux de nos principaux partenaires médiatiques avec le journal Métro dans lequel nous avons publié chaque fois un cahier spécial. Trois lancements ont rassemblés au-delà de 150 personnes au total pour l’édition 2015 (Montréal, Assemblée nationale à Québec et Rimouski en marge du congrès de l’ACFAS), et un lancement bénéfice en présence de l’ancien premier ministre Lucien Bouchard de l’édition 2016 a réuni 100 personnes en novembre pour le 20e anniversaire de la publication.

Dans un autre ordre d’idée, l’INM a alimenté sur une base régulière les débats publics en matière d’inégalités sociales, dans la foulée de son Rendez-vous stratégique :

  • Nous avons innové en publiant, en avril, une première édition du Bulletin sur les impacts des budgets provincial et fédéral sur les inégalités. Notre analyste de politiques Nicolas Zorn, a conçu un outil d’évaluation de cet impact et a mobilisé près de 25 économistes et spécialistes des politiques publiques pour le mettre à l’essai. Nous avons réitéré l’expérience en 2016 avec plus d’une trentaine de spécialistes participant.
    • L’INM a aussi animé, en avril, une rencontre organisée par un collectif de fondations philanthropiques sur la question de l’évaluation d’impact des politiques publiques sur les inégalités.
    • Nous avons publié, le 30 septembre, un second livre sur les inégalités sociales faisant le bilan des choses apprises dans le cadre du Rendez-vous stratégique de l’INM sur les inégalités. Bien qu’il porte sur les inégalités, l’ouvrage ouvre la discussion sur une panoplie de thèmes de politique publique.
    • Un partenariat nouveau a été établi avec la Fondation Broadbent avec qui nous avons produit la version française d’une vidéo démontrant l’ampleur des inégalités mais surtout l’ampleur de l’ignorance des Canadiens et des Québécois à son sujet. Cette vidéo a fait l’objet d’une campagne sur les médias sociaux où elle fut très prisée.
    • L’INM a aussi produit une autre vidéo résultant d’une entrevue avec les épidémiologistes Wilkinson et Pickett, deux figures iconiques de la recherche en matière d’inégalités dans le monde.
    • Le Blogue Le Mirador des inégalités alimente sur une base régulière la discussion sur les inégalités. Son auteur, Nicolas Zorn, est régulièrement invité à prononcer des conférences sur ce sujet au Québec, au Canada et en Europe.

D’autres initiatives ont été menées par l’INM pour alimenter le débat public sur divers sujets : la réforme de la santé, la démocratie scolaire, la prospérité, la gouvernance locale et régionale, l’acceptabilité sociale, l’éducation civique et le lobbyisme :

  • L’INM a tenu pendant un an le secrétariat d’une Communauté de pratique en santé et services sociaux dont l’objectif est d’alimenter les réflexions sur les meilleurs moyens pour améliorer ces services. Un premier séminaire public a eu lieu en juin 2016. L’une des retombées de cette initiative est un contrat de trois ans avec le CIUSSS de l’Est-de-l’île de Montréal. Une consultation sur les urgences a été organisée dans ce cadre.
  • L’INM accompagne un groupe de recherche de l’Université de Montréal sur le thème de l’aide médicale à mourir..
  • L’INM a organisé en septembre 2015 le forum montréalais sur le logement et la santé dans le cadre de la campagne électorale fédérale pour le compte de la DSP et de la Ville.
  • Nous avons profité de la campagne électorale fédérale pour mener une campagne sur les propositions de l’INM en matière de participation électorale des jeunes.
  • L’INM a organisé en octobre un forum d’une demi-journée à Québec sur le thème de la démocratie scolaire.
  • Le DG de l’INM a prononcé trois conférences sur ce sujet aujourd’hui citées dans le débat public.
  • Le bilan du forum a été publié.
  • L’INM a tenu au printemps 2015 un colloque d’une journée sur l’acceptabilité sociale en collaboration avec Gaz Métro et l’Université du Québec à Rimouski. Plus de 150 personnes présentes. Les actes ont été publiés à l’automne. L’INM a présenté son point de vue en commission parlementaire le 5 avril sur le Livre vert du MRN sur l’acceptabilité sociale.
  • L’INM a organisé en février une consultation d’une demi-journée sur l’intention du gouvernement d’assujettir les OSBL à la Loi sur le lobbyisme. 70 personnes présentes. Le rapport de cette consultation a été présenté au Commissaire au lobbyisme.
  • L’INM anime depuis l’automne 2015 une série de conférences à la Grande Bibliothèque : Laferrière, Guilbault, Brault, Aussant, Mintzberg, Vollant, Liu et Thibault. Une deuxième série est confirmée pour commencer à l’automne 2016, le 4 octobre, avec comme conférencier invité le maire de Montréal, M. Denis Coderre.
  • L’INM participe, par le biais de son directeur général, au Blogue du Conseil du patronat du Québec sur la prospérité.
  • L’INM participe, par le biais de son directeur général, au Blogue de Communagir (Nous.Blogue) sur l’action collective et en particulier sur la restructuration des instances de gouvernance locale et régionale au Québec.

L’INM éducateur civique

À travers ces efforts intenses pour éclairer le débat public, l’INM est demeuré l’un des principaux agents d’éducation civique, principalement celle des jeunes, au Québec. En outre, il faut considérer que les publications et les communications publiques de l’INM contribuent toutes à cette éducation.

  • L’École d’été 2015 de l’INM, tenue à Laval en août 2015 dans le cadre de son 50e anniversaire, a de nouveau attiré 425 jeunes des quatre coins du Québec, une délégation acadienne, une délégation des premières nations, des jeunes issus de l’immigration et une délégation de France et de Belgique.
  • L’École d’hiver 2016, tenue au Collège Dawson en mars, a rejoint encore 130 jeunes des quatre coins du Québec.
  • Une nouveauté, l’École itinérante, a fait ses preuves rejoignant, chaque saison (automne et printemps) quelque 500 jeunes dans le cadre d’ateliers donnés aux quatre coins du Québec.
  • L’INM a organisé son 8e colloque annuel sur la participation citoyenne (cette fois-ci sur la participation électorale des jeunes) dans le cadre du congrès de l’ACFAS en mai 2015.
  • L’INM était partenaire du colloque de la Chaire de recherche de l’Université Laval sur la démocratie (sur le thème de l’éducation à la citoyenneté), à l’Assemblée nationale en mai 2015.
  • L’INM a présenté au gouvernement du Québec un mémoire dans le cadre de la préparation de la politique jeunesse du Québec et fut ensuite invité par le Secrétariat à la jeunesse à lui proposer des projets ayant un lien avec l’éducation citoyenne et la participation des jeunes à la démocratie.
  • Des partenariats avec le DGEQ et Élections Canada se sont poursuivis en 2015-2016.
  • Le projet Jeunes femmes et engagement, ayant pour but de favoriser l’engagement politique des jeunes femmes, s’est amorcé en 2015 et se poursuit jusqu’en 2017 grâce à un financement de Patrimoine canadien.
  • Un partenariat de trois ans avec l’organisme Quebec Community Group Network en faveur de l’engagement des jeunes anglophones du Québec, est en cours.

Élargir la communauté de l’INM

Des efforts importants ont été faits pour élargir la communauté de l’INM.

  • Un plan d’action pour le renouvellement, le recrutement de membres a été mis en œuvre en 2015. Celui-ci nous a permis d’approcher les 1000 membres. Cependant, les efforts de renouvellement de ces membres n’a pas complètement porté fruit et l’INM compte présentement un peu moins de 500 membres.
  • L’INM a atteint en mars 2016 les 10 000 adeptes (j’aime !) de sa page Facebook et son auditoire sur les médias sociaux ne cesse de croître pour atteindre, tous médias confondus, plus de 30 000 personnes. Nos stratégies de communication sont performantes. Une revue de presse a été instituée sur notre site web.
  • Nous avons mené des actions spécifiques pour élargir la communauté de l’INM dans les milieux économiques, notamment par une participation au blogue du Conseil du patronat sur la prospérité, la formation d’un comité organisateur de l’événement Tribu 16 composé de jeunes leaders issus de la grande entreprise, en participant à des événements organisés par de jeunes professionnels de la philanthropie, en créant L’Esplanade et en maintenant, par ce biais, des relations avec des fondations comme la Fondation Saputo ou la Fondation Bombardier, en maintenant de bonnes relations avec le journal Les Affaires, en inscrivant l’économie comme un thème majeur de L’État du Québec 2016 et en fortifiant à cette fin des partenariats avec l’Institut du Québec (Raymond Bachand) et l’Institut de recherche en économie contemporaine, et en invitant des économistes de toute obédience à participer à nos bulletins du budget. Enfin, nous avons pu constituer des partenariats avec Gaz Metro, Canam, Bell, Coop fédérée, Fonds de solidarité, et d’autres entreprises pour la commandite de certaines de nos activités.

Nous poursuivrons dans cette voie dans le cours de l’année à venir.

Plusieurs actions ont été menées pour consolider la position de l’INM dans trois des quatre arènes prioritaires que nous avions définies : Les institutions démocratiques, les villes et territoires, la santé et l’éducation pour l’obtention de mandats de service conseil et de participation publique dans ces divers domaines.

Soulignons entre autre un partenariat établi avec le Carrefour d’action municipale et familles (CAMF) dans le but de faire connaître notre offre auprès des municipalités, une entente avec Nord Ouvert pour offrir conjointement des services de participation citoyenne en ligne aux municipalités, notre entente avec le CIUSSS de l’Est de l’île de Montréal et l’animation d’une communauté de pratique en santé et services sociaux, et le renouvellement d’ententes de collaboration avec le DGEQ, Élections Canada, QCGN et le Secrétariat à la jeunesse pour l’éducation civique des jeunes. Notre entente de collaboration avec les Fonds de recherche du Québec pour le financement d’une section importante de L’état du Québec a été renouvelée.

Une difficile année de transition

L’INM a subi les contrecoups en 2015-2016 des mesures de compressions budgétaires imposées par les gouvernements. Des partenaires de l’INM ont disparu, furent abolis. L’argent se fait rare dans les ministères où le mot d’ordre est de réduire le recours aux consultants. Le gouvernement actuel à Québec, et celui qui était présent à Ottawa jusqu’aux élections de l’automne dernier, ne favorisaient pas le dialogue social. Les occasions de leur rendre service furent rares.

Pour compenser, nous nous sommes tournés vers les municipalités, où les budgets disponibles sont de moindre importance. Ainsi, nous avons conclu de très nombreuses ententes et gagné des appels d’offre mais pour des montants moindres.

Or notre modèle économique a prouvé, dans les dernières années, qu’il fonctionne, pourvu que, parmi nos mandats, nous puissions en avoir un ou deux d’une valeur de 100 000 $ et plus. Cela n’a pas été le cas l’an dernier.

Notre modèle économique fonctionne si, par ailleurs, nous réussissons à financer de grandes démarches disposant de budgets de grande ampleur. Ce fut le cas ces dernières années avec les assemblées mondiales de Civicus puis, avec les démarches sur la démocratie et les inégalités sociales. Nous n’avons pas réussi en 2015-2016 de faire aboutir de tels projets.

Le contexte n’était pas facile et nous avons réussi à maintenir en place l’essentiel de notre équipe et à développer, tout au long de l’année, des projets qui ont consolidé la position de l’INM dans la société québécoise.

Nous n’avons toutefois pas réussi à atteindre tous nos objectifs de revenus malgré ces efforts. Cela a pour effet que nous terminons l’année avec un déficit financier d’une certaine importance. Heureusement, nous avions accumulé un surplus qui va compenser la plus grande part de ce déficit.

Nous avons dû toutefois demander aux membres de l’équipe de l’INM des efforts qui ont pris la forme d’une réduction de la semaine de travail et d’un gel de salaire pour l’année 2016-2017 et négocier avec notre banquier et d’autres bailleurs de fonds (le Réseau d’investissement social du Québec, la Fondation Béati, la Fondation Lino et Mirella Saputo et PME Montréal) de nouvelles conditions de crédit et des subventions favorables au maintien de notre équipe et à la poursuite de nos efforts de développement. Nos membres et sympathisants ont aussi été mis à contribution dans le cadre d’une campagne 100 x 100 pour contribuer à la création d’un fonds destiné à consolider notre situation financière et à financer des projets de développement.

Il sera important de poursuivre nos efforts de développement. Nous avons maintenu notre position dans les arènes prioritaires afin d’obtenir des contrats aussi bien que pour faire avancer des initiatives qui nous sont propres.