Comment et pourquoi s’intéresser à la politique? Chronique d’un participant à l’École d’été de l’INM

 

Pierre-Étienne Létourneau

Ma première expérience dans un média était à la radio étudiante du cégep que je fréquentais il y a quelques années. Loin de m’intéresser à l’univers des lois et des structures qui régissent la société, je diffusais de la musique électronique, un style où on dénote une absence quasi totale de discours politique explicite.

J’avais alors besoin de ce vide pour garder une indépendance, car je ne me sentais pas prêt à affronter des questionnements complexes et qui me touchent parfois moins personnellement. Sans me décourager toutefois, cette expérience à la radio m’a fait avancer en me permettant de m’investir dans une passion qui m’habite encore.

Au cours des années suivantes, j’ai découvert, à travers des épreuves, l’importance des formats, l’impact de la vie quotidienne tout comme la dureté que peuvent prendre les exigences de la vie. J’ai fait de profondes réflexions sur le système avec ses possibilités, limitations et égarements. C’est-à-dire que pour surmonter un dur coup et être autonome, il me fallait trouver une façon de m’organiser dans ma vie personnelle et dans mes activités quotidiennes. J’ai donc construit mon propre mode de vie.

Une valeur que j’ai choisie comme étant bonne pour moi est celle du travail en général comme dans la vie professionnelle. Le format de l’organisation de cette sphère d’activité est construit sur des considérations et des savoirs, nombreux, qui ont un sens pragmatique et rigoureux. Il est possible d’en faire plus en travaillant un peu chaque jour que de le faire d’un seul coup.

Ensuite, à la recherche de repères fiables, je me suis questionné sur la structure de la société, celle que régissent nos lois, nos valeurs et nos droits, construite par les personnes qui s’investissent dans le monde politique, qui se doit d’être rigoureuse et juste, et ce, autant que possible. Or, qui peut prétendre avoir nécessairement raison dans ses convictions et être infaillible dans ses jugements? Personne, nous en conviendrons.

Par cela, il devient donc nécessaire que chacun se prononce dans l’espace public et politique sur ses valeurs, attentes et préoccupations. C’est pourquoi aller voter, qui correspond à s’investir de façon régulière et libre dans l’expression de ses convictions qui deviendront ces enjeux électoraux qui animent et orientent les partis politiques et les luttes sociales, est nécessaire.

Si on peut trouver que le vote est trop peu de pouvoir, il faut néanmoins constater que cette limitation permet à chaque personne de s’exprimer d’une façon qui se veut égalitaire.

Par après, apprendre à valoriser la limitation est la seconde constatation que j’ai faite. Pour moi, elle est synonyme de plus de possibilités. C’est en voyant que dans une journée, je ne peux pas facilement tout faire ce qu’il y a d’important à faire que j’ai compris que la limitation peut être un vecteur d’équilibre et d’économies, autant en temps qu’en énergie et en argent. C’est une partie fondamentale d’un format.

Finalement, pour revenir à mon aspiration initiale, soit celle d’avoir du plaisir, je peux maintenant dire qu’en m’investissant réellement dans le travail pour vivre une vie responsable, j’obtiens une réelle satisfaction et autonomie qui est libératrice et qui m’apporte du bien-être au quotidien, autant dans ma vie personnelle que dans le vivre ensemble.

C’est pour toutes ces raisons que j’irai voter le 1er octobre 2018.