Sommet pour une transition énergétique juste – Photos et présentations

Retour sur le Sommet pour une transition énergétique juste


Près de 300 personnes de divers horizons incluant employeurs, investisseurs, société civile, organisations syndicales et environnementales, ainsi que le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, étaient réunies au Sommet pour une transition énergétique juste les 23 et 24 mai au Palais des congrès de Montréal. L’événement fut initié par la CSN, la FTQ, Fondaction, la Fondation David Suzuki, le Fonds de solidarité FTQ et Greenpeace Canada avec l’appui de l’Institut du Nouveau Monde.

Ce sommet a permis de rassembler les forces vives du Québec interpellées par cet enjeu incontournable qu’est la transition énergétique juste. Les différents panels, conférences et ateliers visaient à préparer et adapter le concept de transition énergétique juste à la réalité québécoise. Un appel urgent a été lancé au gouvernement du Québec en l’invitant à jouer son rôle de chef d’orchestre pour mener efficacement une transition énergétique juste. La nécessité de procéder à cette transition et d’en faire une priorité a largement fait consensus.

Par la richesse des échanges et la diversité des contributions, les participants et participantes du Sommet pour une transition énergétique juste ont démontré un engagement fort et constructif pour la société québécoise. Plusieurs propositions concrètes ont été mises de l’avant lors de ce Sommet et demandent de poursuivre les discussions pour concrétiser les opportunités de la transition juste. Vous serez tenus informés dans les prochains mois des suites.

Une galerie photos ainsi que les présentations powerpoint des conférenciers et panélistes sont disponibles ci-dessous.

Initiateurs


     

Appel – S’unir pour une transition énergétique juste


La lutte contre le réchauffement climatique est le principal défi environnemental, social, économique et démocratique du XXIe; siècle. Pour le relever, les pays du monde ont convenu dans le cadre de l’Accord de Paris en 2015 de déployer les efforts nécessaires pour limiter le réchauffement planétaire à moins de 2oC, voire à 1,5oC. Notre société a tout ce qu’il faut pour faire de cette transition majeure vers une société plus juste et une économie faible en carbone une grande réussite profitable à tous et à toutes, à la condition toutefois de la planifier dès maintenant et d’y travailler en concertation.

Le Québec s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020 et de 37,5 % d’ici 2030, par rapport à 1990. Les plus récentes données disponibles indiquent que les efforts du Québec sur le terrain progressent trop lentement pour atteindre ces cibles. Pour combler le retard accumulé, des moyens beaucoup plus importants que ceux déployés jusqu’ici devront donc être mis en œuvre.

C’est pourquoi nous convions la société civile, les milieux économiques et le gouvernement du Québec à entreprendre, sans plus tarder, le virage nécessaire. Opérer une transition énergétique, planifiée, concertée et juste nous apparaît le premier pas à effectuer vers une société et une économie vertes, viables et durables.

L’inévitable transition énergétique

Pour que le Québec atteigne ses cibles et réponde à ses engagements, une transformation profonde de notre société et de notre économie s’impose. Elle exige des changements dans nos modes d’occupation et d’aménagement du territoire, de transport, de construction, de production et de consommation d’énergie, de biens et de services.

La plus importante de ces exigences consiste à entreprendre le passage d’une structure économique polluante à une économie faible en carbone, tout en assurant la sécurité et la souveraineté énergétiques du Québec. Dans cette perspective, il nous faudra réduire les sources de gaspillage, gagner en efficacité énergétique et réduire considérablement notre dépendance envers les hydrocarbures, au bénéfice des énergies renouvelables dont le Québec est généreusement doté. Pour capter le carbone de nos émissions et lutter contre les changements climatiques, nous devrons aussi reverdir nos milieux de vie, ainsi que mieux protéger et valoriser notre patrimoine forestier.

Le Québec a tout ce qu’il faut pour réussir cette transition énergétique, et permettre à chacune de ses régions et de ses communautés de relever les défis qui lui sont propres. Notre société dispose d’immenses capacités hydroélectriques et éoliennes, d’une biomasse abondante à utiliser de manière durable, d’un grand potentiel géothermique et solaire, des meilleurs matériaux et technologies disponibles, d’une structure industrielle diversifiée. Elle peut également compter sur un esprit entrepreneurial florissant et innovateur, sur une grande capacité d’ingénierie et de développement de technologies propres, sur des institutions financières solides, sur des infrastructures et des centres de recherche d’avant-garde, sur une capacité de développement et d’innovation de qualité. Enfin, le Québec est riche d’institutions d’enseignement de renommée internationale, d’une population éduquée et d’une main-d’œuvre très qualifiée.

Forte de ces atouts, notre société a maintes fois démontré sa capacité à transformer les défis en occasions de progrès social et économique. Face à l’inévitable transition énergétique, elle se positionne donc avantageusement.

S’unir et planifier le changement

Comme toute transformation d’envergure, la transition énergétique recèle un immense potentiel de développement économique et social. Mais, si elle n’est pas planifiée, elle peut être source d’injustice et d’inégalités sociales. Comme elle aura des impacts variés selon les communautés et les secteurs d’activité, certains bénéficieront d’opportunités avantageuses, tandis que d’autres pourraient subir les contrecoups et être fragilisés.

Nous sommes convaincus que pour être viable et durable, la transition vers une économie verte et faible en carbone doit être juste pour tous et toutes. Le Québec doit donc prendre les moyens nécessaires pour que personne ne soit laissé pour compte.

À cette fin, il est urgent que tous les efforts convergent afin de planifier cette transformation des modes de production et de consommation de l’énergie, de manière à en maximiser les effets positifs au bénéfice de l’ensemble de la société. Cela exige de soutenir et d’accompagner les entreprises, les organisations, les communautés et les travailleurs et travailleuses qui subiront les effets négatifs de la transition énergétique, pour leur permettre de les surmonter et de s’adapter au changement.

Au Québec et ailleurs, de multiples expériences passées de changements économiques majeurs nous indiquent la voie à suivre : planifier à long terme ; prévoir des mesures d’adaptation, d’atténuation, de reconversion, de diversification et de modernisation industrielles ; prévoir les ajustements requis dans les compétences professionnelles et préparer les programmes de formation et de transition pour les travailleurs et travailleuses ; accompagner les communautés impactées dans leur effort d’adaptation à la nouvelle réalité.

Dans ce grand chantier économique et social, le gouvernement du Québec a donc un rôle essentiel et incontournable que lui seul peut assumer : assurer l’encadrement législatif, réglementaire, administratif, fiscal et budgétaire à l’intérieur duquel l’effort collectif pourra se déployer le plus efficacement. Des politiques industrielles innovantes, des programmes de formation et de transition pour la main-d’œuvre des secteurs touchés par la transition, une fiscalité encourageant l’efficacité plutôt que le gaspillage ne peuvent venir que d’un gouvernement résolu et visionnaire.

Pour réussir la transition énergétique et en tirer le meilleur parti pour l’ensemble de la société, pour placer notre économie sur la voie de la prospérité durable, le laisser-faire n’est plus une option. L’État et ses partenaires doivent jouer un rôle de premier plan.

S’engager ensemble dans une transition juste

Devant l’urgence climatique et l’inévitabilité de la transition énergétique, nous, signataires de cet appel, appelons les forces vives du Québec et ses dirigeants à s’unir pour formuler un projet d’avenir rassembleur et structurant pour notre société, à jeter les bases d’un pacte social en faveur d’une économie verte.

Nous convenons de nous engager immédiatement dans un dialogue social ayant l’objectif de planifier et de mettre en œuvre une transition énergétique qui sera juste pour toutes et tous.

Dans cette perspective, nous appelons les syndicats, les entreprises, les communautés et tous les groupes formant la société civile et les milieux économiques à mettre en commun leurs idées, leurs énergies, leurs ressources pour entreprendre et réussir la nécessaire transition énergétique qui doit permettre au Québec d’honorer ses engagements en matière de lutte contre les changements climatiques.

Nous interpellons aussi le gouvernement actuel et tous les partis politiques qui participeront à la prochaine élection générale, afin qu’ils précisent comment ils entendent planifier et engager une transition énergétique juste et profitable pour tous et pour toutes, dans les meilleurs délais. À cette fin, nous les enjoignons à s’engager à accompagner le dialogue social, et à mettre en place rapidement les mesures de soutien et les filets de protection sociaux, économiques et environnementaux nécessaires à l’adaptation des entreprises et des organisations, des travailleurs et travailleuses, ainsi que des communautés impactées par la transition énergétique.

Nous sommes devant une obligation de résultat collective et historique. Ensemble, déployons les énergies du Québec pour gagner le pari contre les changements climatiques.

Partenaires majeurs


   

Partenaire de collaboration


 

En savoir plus


Centrale des syndicats nationaux (CSN)

La transition juste


Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

La tournée de la FTQ sur les changements climatiques


Organisation internationale du Travail (OIT)

Principes directeurs pour une transition juste vers des économies et des sociétés écologiquement durables pour tous


Unique agence tripartite de l’ONU, l’OIT réunit des représentants des gouvernements, employeurs et travailleurs de 187 États membres pour établir des normes internationales, élaborer des politiques et concevoir des programmes visant à promouvoir le travail décent pour tous les hommes et femmes dans le monde.

Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

Changeons le Québec, pas le climat : déclaration de politique sur les changements climatiques


Adoptée au 31e Congrès de la FTQ, tenu du 28 novembre au 2 décembre 2016.

Centrale des syndicats nationaux (CSN)

À la recherche d’une transition juste


Article tiré du magazine Perspectives No 57.

Organisé en collaboration avec l’Institut du Nouveau Monde

L’Institut du Nouveau Monde est une organisation non partisane dont la mission est d’accroître la participation des citoyens à la vie démocratique. L’action de l’INM a pour effet d’encourager la participation citoyenne et de contribuer au développement des compétences civiques, au renforcement du lien social et à la valorisation des institutions démocratiques.

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