Comment la pratique sage-femme peut-elle mieux participer à une meilleure réponse aux besoins croissants
en périnatalité et en santé sexuelle? La profession sage-femme existe depuis maintenant plus de 25 ans au Québec. Ce quart de siècle à accompagner les familles et à jouer un rôle incontournable dans la périnatalité appelle à faire le point!
Au printemps 2025, une vaste consultation publique a été menée à travers le Québec afin de dresser un bilan des 25 années de pratique sage-femme depuis sa légalisation et de réfléchir collectivement à son avenir. Soutenue par le ministère de la Santé et des Services sociaux, cette démarche s’inscrivait dans un contexte de transformation du réseau de la santé, marqué par des enjeux d’accessibilité, d’intégration et de développement durable.
Coordonnée avec l’appui de l’Institut du Nouveau Monde, elle a mobilisé la population, les professionnelles et divers acteurs à travers des questionnaires, un panel citoyen et des échanges participatifs.
Le Sommet des États généraux, tenu en novembre 2025 à l’Université du Québec à Trois-Rivières, a marqué l’aboutissement de cette réflexion en réunissant les parties prenantes autour de recommandations concrètes pour l’avenir de la pratique sage-femme au Québec.
Les activités de consultation
Les activités de consultation mises en œuvre ont permis d’alimenter la réflexion collective et de préparer le Sommet des États généraux, menant à la production de son compte rendu.
Un panel citoyen composé de 16 personnes a été formé pour répondre à la question suivante :
« Souhaitons-nous offrir un accès équitable et de qualité aux services de sage-femme? Si oui, comment? Si non, pourquoi? »
Le mandat des membres du panel citoyen consistait à prendre connaissance d’un document d’information et à rencontrer des spécialistes de la pratique sage-femme et de l’accessibilité aux soins de santé au Québec. Le panel a ensuite été accompagné pour délibérer et formuler un avis.
Les membres ont été sélectionnés à la suite d’un appel à candidatures administré par Léger auprès d’un panel Web de 20 000 personnes. 375 candidatures ont été reçues et sélectionnées aléatoirement par l’INM pour former un panel représentatif de la démographie québécoise.
Qu’est-ce qu’un panel citoyen?
Le panel citoyen est un dispositif de démocratie participative dans lequel un groupe de personnes, tirées au sort, formulent des recommandations sur un enjeu de politique publique à l’issue d’un processus d’information et de délibération de quelques jours. Il fait partie des processus plus généralement appelés mini-publics.
Objectifs du panel citoyen
Le panel citoyen sur la pratique sage-femme au Québec visait à :
- Favoriser la réflexion sur la façon dont la population perçoit les soins et services des sages-femmes;
- Identifier les attentes et préoccupations de la population quant au rôle des sages-femmes dans le réseau de la santé;
- Produire un avis citoyen éclairé et crédible sur les enjeux et solutions pour garantir l’accessibilité des services sage-femme;
- Orienter les travaux du comité d’orientation des États généraux de la pratique sage-femme.
Le panel citoyen a rencontré des personnes expertes lors de deux audiences afin d’en apprendre davantage sur l’histoire de la pratique sage-femme au Québec, ses spécificités dans le contexte québécois, les rôles et compétences associés à cette pratique, l’organisation des services, les modèles internationaux, le portrait de l’accès aux services, les freins et inégalités rencontrés par les populations marginalisées et vulnérables, l’accès pour les communautés autochtones, la collaboration interprofessionnelle, ainsi que l’expérience des usagères.
Les 16 membres du panel sont fier·ères de publier la version finale de l’Avis citoyen sur l’avenir de la pratique sage-femme, un document adopté à l’unanimité. Au terme de leurs délibérations, les membres estiment qu’il faut garantir un accès équitable et de qualité aux services de sages-femmes.
Ils et elles considèrent que la sage-femme devrait être la porte d’entrée des services périnataux pour toutes les femmes du Québec, et qu’elle devrait pouvoir orienter les grossesses à risque vers d’autres professionnelles et professionnels.
Questionnaire pour les professionnelles
- Le questionnaire en ligne cherchait à connaître leurs expériences vis-à-vis de la pratique, au sein des communautés et du réseau de la santé.
- Public visé : Sages-femmes, étudiantes ainsi que celles ayant quitté la pratique
Questionnaire pour le public
- Le questionnaire en ligne cherchait à connaître leurs expériences vis-à-vis de la pratique, au sein des communautés et du réseau de la santé.
- Public visé : Sages-femmes, étudiantes ainsi que celles ayant quitté la pratique
Le Sommet des États généraux de la pratique sage-femme visait à élaborer des recommandations concrètes pour favoriser des changements tangibles et améliorer l’accès aux services de sages-femmes au Québec. Il faisait suite aux démarches de consultations publiques menées au printemps 2025 par l’Institut du Nouveau Monde, et se voulait être un espace d’échange collaboratif réunissant des sages-femmes ainsi que des personnes issues des milieux institutionnel, communautaire et académique.
Les quatre thématiques abordées :
- Accès et équité des services
- Contribution et évolution de la pratique
- Formation, développement professionnel et recherche
- Condition de pratique et reconnaissance

Partenaires de la démarche
Les États généraux sur la pratique sage-femme sont le fruit de la collaboration de plusieurs partenaires.
Ils composent un comité visant à définir les grandes orientations de la démarche et à mobiliser toutes les actrices et tous les acteurs du milieu :
- Marie-Eve Blanchard pour le Regroupement Naissances Respectées
- Alix-Ann Boucher-Gendron pour l’Association des étudiant·e·s sages-femmes du Québec
- Sophie Desindes pour le Département d’obstétrique-gynécologie du CIUSSS de l’Estrie – CHUS
- Sabrina Fortin pour la Direction santé mère-enfant du ministère de la Santé et des Services sociaux
- Marie-Ève Giroux pour le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal
- Amaili Jetté pour le Regroupement Les sages-femmes du Québec
- Sarah Landry pour le Mouvement pour l’autonomie dans l’enfantement
- Julie Pelletier pour l’Ordre des sages-femmes du Québec
- Camille Rochette pour le Ministère de la Santé et des Services sociaux.
- Marie-Ève St-Laurent pour le Département sage-femme de l’Université du Québec à Trois-Rivières
- Elizabeth Tailly pour Les cheffes des départements cliniques de sage-femmes du Québec
Nous avons également pu compter sur l’implication d’un comité d’expertes qui veillait à la qualité des contenus informatifs produits dans le cadre de cette démarche :
- Caroline Paquet, directrice de Département sage-femme de l’Université du Québec à Trois-Rivières.
- Marielle Mbangha, coordonatrice du Service de référence en périnatalité pour les femmes immigrantes de Québec
- Raymonde Gagnon, professeure au Département sage-femme de l’Université du Québec à Trois-Rivières.
- Karina Daigle, PhD. en santé publique, professeur au Département des sciences infirmières, Université du Québec en Outaouais
- Frédérique Cornellier, conseillère en développement de projets autochtones au Service Mamawi Mikimodan, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Crédits photos : Samantha Pelletier photographie
À propos de l’INM
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