Carminda Mac Lorin: allier créativité et mobilisation pour cultiver l’espoir

Par Amélie Côté, blogueuse à bricabacs.com

«L’utopie est comme l’horizon. On avance d’un pas et il recule d’un pas. On avance de deux pas, il recule de deux. À quoi sert l’utopie? À avancer.» – Édouardo Galeano

CarmindaMusicienne et militante, Carminda Mac Lorin a de quoi inspirer. Ses premières implications datent de l’université, et depuis elle a toujours été engagée dans les mouvements sociaux. Elle a entre autres mis sur pied Solidarythmé, une plate-forme de réflexion sur les problématiques sociales par la voie de la créativité et des arts. Après avoir contribué aux deux éditions du Forum social québécois – 2007 et 2009 – elle a pris une part active dans le mouvement Occupons Montréal en 2011. De fil en aiguille, elle commence à s’engager dans les réseaux activistes à l’international. La veille même de sa venue à l’École d’été, elle a été nommée co-coordonnatrice du Forum Social Mondial 2016 qui aura lieu à Montréal en août prochain.

Selon Mme Mac Lorin, la place des arts est centrale dans le changement social. Elle joue d’ailleurs de la basse dans un groupe de musique, Darundaï. Il s’agit pour elle d’une forme d’engagement, puisque les femmes sont souvent sous-représentées dans le milieu musical.

«Être utopique est un moyen de contribuer au changement», mentionnait la militante pendant la conférence de vendredi matin sur les jeunes au cœur du changement social. Elle soulignait par la même occasion que lorsqu’on s’implique, le changement arrive parfois ailleurs et autrement, mais toujours positivement.

Source : Jean Gagnon, Creative Commons
Source: Jean Gagnon, Creative Commons

Action militante et changement social

Certains participants soulevaient que l’on peut avoir l’impression que les mobilisations des dernières années n’ont pas porté fruit, que le changement se fait attendre.

L’actrice de changement voit les choses autrement. Le changement commence en nous.

Carminda Mac Lorin appelle à reconnaître le privilège d’être citoyens québécois: «Nous avons un toit, accès à l’éducation, à la santé et à la sécurité. L’utopie à travers ce privilège, je la vis déjà. En toute humilité, nous pouvons aussi lutter pour que ce privilège puisse s’étendre à plus de gens.»

Les mouvements récents ont eu un impact sur les consciences. Cela s’est illustré de manière explicite à travers le printemps 2012. Les étudiants manifestaient leur colère, mais aussi leur espoir. Cela s’est concrétisé dans les regards et sourires complices pendant les casseroles. Ce mouvement a permis à des voisins de se rencontrer et de connecter.

Mme Mac Lorin croit que souvent, on ne cherche pas les impacts à la bonne place. Que les luttes qu’on mène, on doit les voir comme étant de longue haleine:

«On est en train de faire du changement et c’est dans les consciences qu’il doit s’enraciner.»

La conscience est comme une bouture de fleur, il faut cultiver l’espoir pour lui permettre d’éclore.

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